aneuve
Cabane de l'A Neuve
CAS Diablerets
Pendant très longtemps, l'A Neuve a été
synonyme de Robert Formaz, un gardien comme on n'en fait plus,
qui a assuré des portages proprement incroyables à
l'époque où le bois qu'il montait à dos était
le seul carburant de chauffage possible. Robert Formaz a pris
sa retraite bien méritée, et a été
remplacé par Tatjana. Je suppose que la moitié des
clients masculins qui parviennent à l'A Neuve tombent,
d'une manière ou d'une autre, sous le charme de Tatjana.
Ou alors, sous le charme de sa tarte aux pommes et de ses petits
plats mijotés... En résumé, l'accueil est
bon, voire frise la perfection.
L'ambiance n'est pas en reste. La cabane est agréablement
petite, toute en pierres et en mélèze, et suffisamment
rustique pour assurer le dépaysement, mais suffisamment
confortable aussi pour que l'on s'y sente bien. Elle est propre
de surcroît, et les dortoirs accueillants ne favorisent
pas un réveil matinal, pourtant nécessaire vu l'exposition
du versant.
L'accès normal s'effectue depuis La Fouly, hiver comme
été. En hiver, il est prudent de se rappeler l'orientation
Est de la montée, et de partir à une heure en conséquence.
Attention ! le versant peut être dangereux en cas de chutes
de neige fraîche; il ne ferait pas très bon se réveiller
le matin à l'A Neuve avec 60 cm de neige fraîche,
à moins de ne pas avoir très envie d'aller au travail,
et d'avoir emporté provisions et jeux de société
! C'est peut-être une des raisons qui poussent les gens
à ne plus s'arrêter à l'A Neuve, et faire
la Grande Lui (la grande classique au départ de la Fouly
ou de l'A Neuve) en une fois. Tant pis pour ces gens qui n'auront
pas l'occasion de se régaler de la cuisine de Tatjana.
Cette cuisine a des tendances fortement végétariennes,
au demeurant; mais c'est tellement bon que même certains
carnivores invétérés y reviennent.
Les possibilités d'ascension ne sont pas excessivement
nombreuses : de bonnes possibilités de grimpe existent,
du côté du Grand Darrey, par exemple. Les traversées
en direction d'Argentières sont devenues, avec l'assèchement
des glaciers, relativement périlleuses. Il reste toutefois
possible, été comme hiver, de gagner le refuge
d'Argentières par la Grande Lui et le col du Chardonnet.
La Grande Lui permet aussi le passage sur Saleinaz;
ces deux passages ne sont pas utilisables par n'importe quelles
conditions, et nécessitent une certaine habitude du glacier
et du ski de pente raide (mais pas extrême) en hiver. L'ascension
hivernale de la Grande Lui et sa descente à skis reste
le plus bel objectif de la région. La descente en neige
de printemps est exceptionnelle. La traversée des trois
cols est également intéressante, été
comme hiver, mais moins favorable au ski. Cette traversée
permet d'aboutir à Saleinaz,
voire à Trient si l'on est pressé
et en bonne forme physique.
En été, beaucoup de touristes montent en pantoufles
à la cabane : comme partout en haute montagne, cette habitude
doit être dénoncée comme une erreur. Mais
je suppose que certaines personnes aiment souffrir et se tordre
les pieds dans la caillasse à la descente...
Auteur : Markus
Jaton
Les photos sont de Romaine Fournier qui a trouvé l'endroit superbe, et me l'a fait savoir, ce dont je la remercie chaleureusement !
(08.2003)
|